Spyros Artavanis-Tsakonas
Spyros Artavanis-Tsakonas est actuellement professeur émérite au Département de biologie cellulaire de l’École de médecine de l’Université Harvard, où il dirige toujours un laboratoire actif, et professeur émérite au Collège de France, à Paris. Il a rejoint l’Université Harvard en 1998 et a été élu professeur au Collège de France, occupant la chaire de génétique du développement en 1999.
Il a fait ses études de premier cycle en chimie à l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH) et son doctorat à l’Université de Cambridge pour des travaux menés au Laboratoire de biologie moléculaire du MRC. Après des travaux postdoctoraux au Biozentrum de Bâle et à l’Université Stanford, il rejoint le corps professoral de l’Université Yale en 1981. Il a été nommé professeur au Département de biologie en 1989, puis professeur au Département de biologie cellulaire à l’École de médecine de l’Université Yale. Il a également été directeur de la division des sciences biologiques à cette université. De 1987 à 1998, il a été chercheur à l’Institut médical Howard Hughes jusqu’à son départ pour Harvard. Il est également directeur fondateur du Département de génétique et de biologie du développement à l’Institut Curie de Paris (2007-2009). De 2012 à mars 2017, il a été directeur scientifique et vice-président exécutif de Biogen.
Il est membre de l’Académie nationale des sciences, membre de l’Académie américaine des arts et des sciences, membre associé de l’EMBO, membre correspondant de l’Académie d’Athènes et membre de la Cambridge Philosophical Society. Cofondateur des sociétés Biotech Exelixis, Cellzome et Anadys, il est président et cofondateur de l’organisation philanthropique Fondation Santé, qui soutient la recherche biomédicale fondamentale en Grèce et à Chypre.
Les travaux
La signalisation Notch est une voie de communication cellulaire fondamentale qui joue un rôle crucial dans la régulation de nombreux processus biologiques différents, y compris la différenciation cellulaire. Les Drs Spyros Artavanis-Tsakonas, Iva Greenwald et Gary Struhl sont récompensés pour avoir établi notre compréhension fondamentale de la signalisation Notch, définissant comment cette voie fonctionne au niveau moléculaire et comment elle influence le destin cellulaire, le développement et la structuration des tissus.
Le phénomène Notch a été identifié pour la première fois il y a plus de 100 ans comme une mutation qui provoque des entailles dans les ailes des mouches à fruits (drosophiles). Au fil du temps, il est devenu clair que Notch définit un réseau de gènes conservés au cours de l’évolution qui est impliqué dans divers aspects du développement de nombreuses espèces différentes, y compris les mammifères. Les travaux génétiques et moléculaires pionniers du Dr Artavanis-Tsakonas ont conduit au clonage du gène Notch de la drosophile et d’autres composants de cette voie. Notch s’est avéré être un récepteur lié à la membrane définissant l’élément central d’une voie de signalisation cellulaire qui interagissait avec une autre molécule liée à la membrane sur les cellules adjacentes, conduisant à la signalisation intracellulaire et à des changements dans le destin cellulaire. La Dre Greenwald a découvert et cloné le gène Notch LIN-12 chez les nématodes (C. elegans), élucidé son rôle fondamental dans la spécification du destin cellulaire et identifié de nombreux composants clés de cette voie, notamment la préséniline, une protéase intramembranaire impliquée dans la maladie d’Alzheimer. Les Drs Greenwald et Struhl ont proposé ensemble que Notch fonctionne comme un facteur de transcription membranaire qui est clivé pour libérer le domaine cytosolique, lequel pénètre dans le noyau pour contrôler l’expression génique. Le Dr Struhl a ensuite été le premier à utiliser des protéines chimériques pour valider le modèle de clivage et démontrer que Notch est activé en réponse à la force mécanique exercée par les ligands.
L’impact
Les découvertes des Drs Artavanis-Tsakonas, Greenwald et Struhl ont eu des implications d’une grande portée pour la science fondamentale et la médecine, en particulier pour identifier le rôle de la signalisation Notch dans des maladies telles que le cancer et les troubles du développement, et des composants partagés avec des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer.